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Ce que le jour doit à la nuit de Yasmine Kadhra chez Juillard


Younès, fils de paysan algérien, devient Jonas le jour où il est recueilli par son oncle dans le quartier européen d'Oran. Il grandit au milieu de la communauté française à Oran puis dans une petite ville coloniale : Rio Salado. Il y découvre l'amitié, l'amour familial, mais aussi la violence et l'injustice. Au milieu de ce tumulte se joue l'histoire de l'Algérie qui prend Jonas, Younès, à parti : dans quel camps est-il ? Doit-il faire un choix ?


L'indécision devient une échappatoire, une façon de vivre, d'accepter son destin, mais au moment de le rattraper il est parfois trop tard.

Un magnifique roman troublant et poignant qui berce le lecteur entre amertume et nostalgie et qui nous transporte dans cette l’atmosphère si particulière, pleine de haine, de tristesse et de déchirements qu'offre l'Algérie en pleine guerre civile.

Un roman à avoir lu et dont le souvenir tarde à s'effacer.

Adèle et moi de Julie Wolkenstein chez POL

Quelques photographies, un récit écrit par une tante lointaine, une maison de famille... Il n'en faut pas moins à la narratrice pour reconstituer un pan de l'histoire de sa famille. Elle apprend ainsi à connaitre Adèle, son arrière grand-mère, jeune fille de la fin du XIXeme élevée par son père, puis bercée par l'amour de sa vie ,Charles, et enfin dévastée par les morts de ses enfants. Mais Adèle ne serait rien sans St Pair, cette maison en Bretagne face à la côte, balayée par les vents comme la vie de sa propriétaire le fût par les bonheurs et les malheurs, les guerres, les naissances et un secret qu'Adèle subira et transmettra à ses enfants...
Une saga familliale qui traverse trois siècles et trois guerres, mais qui pose un regard tendre sur la vie des femmes de l'époque et qui se lit très vite malgré ses 600 pages.

Et puis une pirouette à la fin car au delà d'une histoire de famille Julie Wolkenstein nous livre une belle réflexion sur le travail de mémoire et la naissance des souvenirs...

Un écrivain, un vrai de Pia Petersen chez Actes Sud

Succès et littérature font-il bon ménage ?
Alors que l'écrivain à succès Gary Montaigu reçoit un prix littéraire prestigieux il commence une émission de télé-réalité qui le met en scène chez lui dans son quotidien d'écrivain. Les spectateurs sont invités à orienter le roman qu'il écrit sous leurs yeux en lui donnant des directives en votant pour ou contre la direction que le prend le roman, et sa vie privée elle même est soumise à des scénarios et à des mises en scène...
A ces côté sa femme, arriviste et jalouse se transforme en une épouse vénéneuse qui ne vit que par l'argent et sa réussite : avoir fait de son mari un écrivain célèbre.

Comme un piège qui se referme sur lui il ne sait plus ce qui est de la réalité ou de la fiction et finit par s'enfermer dans un mutisme et une folie qui le dépasse.

Un court roman fort et intriguant sur les dérives du succès, l'ambition et les dangers de la télé-réalité  qui se déroule dans un ambiance qui fait penser aux romans de Paul Auster !

Le temps d'une chute de Claire Wolniewicz chez Viviane Hamy



L'histoire d'une vie de l'orphelinat à une maison de haute couture, l'histoire de Madeleine, enfant qui découvre la beauté à travers une robe et qui décide que l"habit de ne sera pas là pour rendre la femme belle mais pour sublimer sa beauté. 

L'apprentissage acharné de la couture, les patronnes de petite bourgeoisie provinciale, les amies, les premiers amours et l'arrivée dans un atelier à Paris...
La vie de Madeleine est rythmée par les pertes et par ce travail auquel on se raccroche pour ne pas sombrer dans le désespoir. 
Nous traversons les époques, les styles, les révolutions de la mode portées par Lanvin, Dior, Chanel, St Laurent, et Madeleine qui rêve de créer pour la femme des vêtements libres et vaporeux. 
Madeleine aime la femme et sa liberté, mais pourtant elle ne sait pas aimer sa vie, sa fille...
L'itinéraire d'une femme qui se laisse porter par ses rêves et sa liberté...

Assurément un beau thème, une fresque historique de la mode du XXeme qui a tout pour plaire, un côté rétro à croquer... 
Mais pourquoi tant de précipitation... Tout est traité avec tellement de superficialité, on ne s'attache à rien, tout est prévisible car tout va trop vite. Certaines pages donnent l'impression d'une désagréable énumération de "Puis, Et puis, Après...". Alors pour sur ça se lit vite et bien, mais il est très rare qu'en tournant des pages je me dise combien un livre est mal écrit... 
L'écriture est inégale, parfois très poétique parfois écrite avec un lance pierre et sans aucune intention littéraire... J'avoue que cela m'a beaucoup décontenancée. 
J'en suis presque désolée parce que hormis ces passages vraiment bâclés l'histoire m'a tenue et j'ai lu ce roman avec affection jusqu'au bout, mais pour moi c'est raté, alors que quelques 100 ou 200 pages de plus en aurait fait un bon roman. 

Du côté de Canaan, Sébastian Barry, aux Editions Joelle Losfeld, 2012




Après quelques mois d'absence me voilà de retour... Bonne résolution quand tu nous tient !Il faut dire que je n'avais plus de trop de lectures passionnantes, d'où le peu d'enthousiasme et l'absence de billets ! Bien sur j'aurais pu écrire pour dire des choses négatives, mais ce n'est pas ce que j'ai envie de partager, et surtout je ne peux pas écrire sur un livre que je laisse tomber en cours de route ! Il y a pour moi quelque chose de malhonnête dans le " comment parler de livres qu'on a pas lu!".
Et puis je ne veux pas écrire du mal de livre qui au moment où je les ai eu entre les mains m'ont lassée alors que dans quelques mois il me passionneront peut-être ! Avec les livres tout est une question de moment et le moment est revenu :-)
 
Sur ces belles paroles place aux livres ! Laissez moi vous présenter Du côté de Canaan de Sébastian Barry !
 
Lily vient de perdre le dernier homme de sa vie, son petit-fils Bill. Alors qu'elle décide de mettre fin à ses jours elle se prend au jeu d'écrire son histoire, toute son histoire. 
Son enfance en Irlande, sa mystérieuse fuite aux Etat-Unis, son premier amour, jusqu'à son dernier aussi, son fils, son petit- fils... Une histoire qui a comme leitmotifs les guerres, la discrimination et la fuite, et l'amer goût d'un éternel recommencement. Ce roman a aussi un goût de thriller.. Tous les personnages ont leur secrets leur mystères et la vie  Lilly se retrouve au centre d'une histoire qui la dépasse : son histoire !
Avec ces mémoires d'une vieille femme, Sébastian Barry nous transporte de l'Irlande à Chicago, de Cleveland aux Hamptons. Il nous fait vivre de l'intérieur ces lieux, leurs injustices pour nous offrir un véritable panorama de l'Amérique des années 50 à nos jours, Du côté de Canaan a la fraîcheur d'une promenade sur la plage comme les aime Lilly, la douceur d'une pâtisserie et la sincérité d'une femme qui nous ouvre un coeur plein de vieilles histoires sordides. 

Mitsuba, Zakuro, Tonbo d'Aki Shimazaki chez Actes sud


Il est des livres qui nous embarquent dans un monde à part comme seuls les écrivains japonnais savent le faire !
Une nouvelle "suite" de la japonnaise Aki Shimazaki, qui nous transporte une fois de plus au coeur de la vie japonnaise, de ses coutumes et de son histoire contemporaine.
Nous y entrons cette fois-ci par le monde du travail en suivant trois collègues d'une grande firme financière. Chacun, dans son histoire personnelle, nous fait entrevoir une partie de l'histoire du Japon, de ses douleurs d'après guerre, de ses problèmes de socièté contemporaine. Chaque livre suit un protagoniste, nous livre un secret et tous ces personnages s'entrecroisent sans en avoir l'air.
Tout comme dans "Le poids des secrets" Aki Shimazaki joue avec les interconnections et les histoires de tous les jours qui rencontrent l'Histoire avec un grand H. Il en résulte un tout, une sorte de mosaïque d'un moment, où le hasard semble jouer les entremetteurs.
Une nouvelle fois Aki Shimazaki nous offre une suite de romans dépaysante et grisante où les echos entre les livres, les personnages et les mots nous transportent ailleurs avec beaucoup de tendresse et de poésie, où tout est subtilité et finesse, où même les problèmes du quotidien ont quelque chose de délicat...
Voilà je crois que c'est le mot... les roman d'Aki Shimazaki sont d'une tendre délicatesse !
Le quatrième volet de cette suite est chez tous les bons libraires !

Et pendant ce temps là, les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets, Raphaëlle Moussafir, Editions Les Muses


Il est des livres pour nous rappeler que nous aussi étions des enfants !

Et pendant ce temps là, les araignées tricotent des pulls autour de nos bilboquets, et pendant ce temps là Rachel grandit...
Je ne sais pas si vous vous souvenez de Rachel, la petite fille Du vent dans mes mollets. Si vous ne la connaissez pas vous pouvez la retrouver dans le permier roman de Raphaëlle Moussafir ou au cinéma en ce moment !
Toujours est-il que nous retrouvons Rachel, sa mère Françoise et son père Michel, son insolence et son espièglerie, sa découverte de la vie et son ennui "scolaire".
Rachel nous parle avec ses mots à elle de la mort, de l'école, des copains qu'elle aime et puis non, des premières cigarettes et de la puberté arrivée un peu trop tôt. Elle nous fait rire quand elle fait tourner tout son petit monde en bourrique, elle nous fait pleuré quand sa colère d'enfant prend le dessus sur la vie et ses injustices. Elle nous fait voir le monde du haut de ses 10 ans, avec ses grandes questions et ses bêtises d'enfants. 
Raphaëlle Moussafir a ce talent : nous refaire lire le monde avec des yeux d'enfants.
Elle a ce style qui nous fait frôler Zazie et son métro, cette impertinance enfantine qui nous fait sourire, et cette douceur d'un baiser maman et d'un chocolat au lait...
L'enfance passe, nous grandissons... "Et pendant ce temps là, les araignées tricotent des pulls autours de nos bilboquets" et de ceux qui seront à nos enfants.

Si vous voulez aller faire connaissance avec Rachel :



L'embellie, Audur Ava Olafsdottir chez Zulmar


Il est des livres... qui nous embarquent dans un voyage, un voyage intérieur, un voyage sur des terres énigmatiques, qui nous font nous éloigner pour mieux revenir...

84, Charing Cross Road d'Helene Hanff chez Autrement littérature


Il est de ces petits livres qu'on emprunte parce que le titre nous rappelle des souvenirs ( nostalgie de vacances londoniennes quand tu nous tiens !) Et puis on lit la quatrième de couv... et on se dit qu'on vient certainement de tomber sur un pépite !

La faute de Rose de Florence Cadier chez Thierry Magnier


Il est des livres que l'on ouvre en sachant qu'il vont nous plaire, moins qu'ils vont nous émouvoir...même si a bien y réfléchir on aurait quand même pu le parier !

Bifteck, de Martin Provost, LP

 
Bifteck est un conte, une vielle légende, une épopée digne d'un Homère moderne...

Karitas de Kristin Marja Baldursdottir chez Gaïa

 
Karistas... l'avant dernière enfant d'une famille de six enfants, fille d'une veuve de marin qui s'est mise en tête d'envoyer tous ses enfants à l'école...

Homer et Langley de E.L. Doctorow chez Actes Sud


Tirée d'une histoire vraie ce roman de E.L. Doctorow nous conte la vie des frères Collyer qui ont défrayé la chronique dans le New-York d'après-guerre.

Homer, pianiste aveugle, vit avec son frère Langley qui évolue dans une réalité toute particulière depuis sont retour de la première guerre mondiale. Ce couple atypique, uni par une complicité fraternelle hors du commun, vit reclu dans leur maison familiale de la cinquième avenue.
Celle-ci va peu à peu se trouver littéralement envahie par les trouvailles de Langley, et les journaux qu'il entasse quotidiennement dans le but ultime de consigner tous les évènements en un unique numéro universel.

Théâtre de leurs délires la maison familiale accueillera un dancing, une Ford T au milieu du salon, un gangster dans sa cuisine, une communauté hippie et bien-sûr un bric à brac innommable!

Moins que zéro de Bret Easton Ellis chez 10/18

" Je regarde les voitures passer sur Sunset.

- C'est difficile de plaindre quelqu'un qui s'en fout.
- Ah ouais ? je demande.
- Qu'est ce qui t'intéresse ? Qu'est qui te rend heureux ?
- Rien. rien ne me rend heureux. Rien ne me plaît je lui dis.
- Ai-je compté pour toi, Clay ?
Je ne réponds rien, me replonge dans le menu.
- Ai-je jamais compté pour toi, Clay ? elle me redemande.
- Je ne veux pas de l'amour. Si je me mets à aimer des trucs, je sais que ça va être pire; que ça sera encore un truc qui me causera du souci. Tout est moins douloureux quand on aime pas.

Le poids des secrets d'Aki Shimazaki chez Actes Sud

 
 
Cinq petits livres d'une centaine de pages, avec des couvertures toutes plus poétiques les unes que les autres. Cinq délicatesses pour conter un lourd secret de famille...

Plus jamais d'invités, Vita Sackville-West chez Autrement


Un court roman qu'il m'a fallu peu de temps pour aimer puisque entre l'ambiance Angleterre des années 50 et les louanges de ma collège, j'étais conquise d'avance !

Une demeure dans la campagne anglaise, des invités pour le week-end pascal, des secrets, la cruauté des apparences, un drame... Voilà le décor parfait pour une roman à la sauce Cluedo ! Et pourtant...


Rose et Walter, un couple modèle, marié par amour des convenances plus que par simple convenance ou par amour. Lui est un avocat réputé, elle, une femme qui à l'instar d'être fatale est une parfaite compagne... Trop parfaite pour être heureuse auprès de cet homme froid et solitaire.

Méfiez-vous des enfants sages de Cécile Coulon chez Viviane Hamy


Lua, gamine d'Amérique, les bouteilles de Cokes, San Francisco au loin, un bled paumé en plein désert social made in USA, des parents modèles... une enfant sage.
Mais Lua c'est une reine, un dieu qu'elle s'est crée.